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	<title>D&#233;charge</title>
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	<description>D&#233;charge est avant tout une revue papier, cr&#233;&#233;e en 1981. Longtemps c&#233;l&#232;bre pour sa couverture kraft, &#233;dit&#233;e depuis le num&#233;ro 100 avec l'estampille du D&#233; Bleu, jusqu'au n&#176; 144, puis par abonnement direct, elle est devenue au fil des ans le rendez-vous attendu de l'actualit&#233; po&#233;tique, avec ses 152 pages bien tass&#233;es.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>D&#233;charge</title>
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		<title>Jean-Louis Rambour : Bleu roi (Les Lieux-Dits)</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacmo</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un recueil de po&#232;mes de Jean-Louis Rambour, c'est d'abord une forme presque immuable. Une sorte de gabarit Jean-Louis Rambour. &lt;br class='autobr' /&gt; Une page de dix-huit vers invariablement, et des traits s'&#233;tirant jusqu'&#224; l'alexandrin au plus large mais jouant sur tous les m&#232;tres inf&#233;rieurs. &#201;videmment les enjambements permettent de coulisser et de glisser jusqu'&#224; la fin. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ensuite on peut tenter de chercher des liens et des retours qui uniraient ces quelque quatre-vingts pages qui se pr&#233;sentent comme un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/-Reperage-.html" rel="directory"&gt;Rep&#233;rage&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Rambour-+.html" rel="tag"&gt;Rambour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un recueil de po&#232;mes de Jean-Louis Rambour, c'est d'abord une forme presque immuable. Une sorte de gabarit Jean-Louis Rambour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une page de dix-huit vers invariablement, et des traits s'&#233;tirant jusqu'&#224; l'alexandrin au plus large mais jouant sur tous les m&#232;tres inf&#233;rieurs. &#201;videmment les enjambements permettent de coulisser et de glisser jusqu'&#224; la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite on peut tenter de chercher des liens et des retours qui uniraient ces quelque quatre-vingts pages qui se pr&#233;sentent comme un bloc, presque un monolithe. On se laisse prendre dans cette forme qui bouge &#224; peine d'une page &#224; l'autre. On est surpris d'&#234;tre chaque fois saisi dans un ensemble particulier qui se suit dans le texte en vis-&#224;-vis comme un reflet de lui-m&#234;me, mais qui n'est pas du tout le m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors quelques points de reconnaissance, &#224; d&#233;faut d'une synth&#232;se plus compacte. Une majorit&#233; de textes commence par un &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; et un verbe &#224; l'imparfait. &lt;i&gt;Nous redoutions&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Nous aimions les grenades&#8230;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Nous racontions &#224; nos enfants&#8230;&lt;/i&gt; Et ce &lt;i&gt;nous&lt;/i&gt; se d&#233;cline par la suite en deux entit&#233;s plus marqu&#233;es avec &lt;i&gt;Nous &#233;tions le couple&lt;/i&gt; et cette fois, si tant est qu'on puisse appeler l'auteur ainsi, le narrateur devient &#224; la fois homme et femme, menant ainsi double cheminement vers une m&#234;me confluence finale :&lt;i&gt;&#8230;nous &#233;tions, nous sommes foule&#8230;&lt;/i&gt; &#201;galement &lt;i&gt;Nous &#233;tions le p&#232;re et le fils.&lt;/i&gt; Avec cette fois une transmission au caract&#232;re interchangeable, r&#233;versible, o&#249; on joue sur le temps et non sur la ressemblance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#233;l&#233;ment diffus le long du texte, &#224; la fois page et recueil, une notion g&#233;om&#233;trique assez r&#233;currente, surtout au d&#233;but. &lt;i&gt;C'est aussi cela, la vie, un carr&#233; / banc comme une case &#224; cocher .&lt;/i&gt;.. &lt;i&gt;un ciel / en forme de rectangle&#8230;&lt;/i&gt; et plus loin : &lt;i&gt;un rectangle comme l'&#233;tait le ciel / dans notre porte&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#8230;on devinait / des voiles, des triangles de lin&lt;/i&gt;,&#8230; &lt;i&gt;Nous avions chez nous un damier&lt;/i&gt; ...&lt;i&gt; Vous faisiez des cercles et des arcs / de cercles /&lt;/i&gt; enfin &lt;i&gt;un rectangle de pavots roses et / un losange de soja...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re les couleurs rappellent l'influence de la peinture sur l'&#339;uvre de Jean-Louis Rambour. Et dans ce recueil en particulier, avec ce titre &#224; la fois court et retentissant, le bleu est rappel&#233; comme un refrain interne &#224; sa po&#233;sie.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Des &#233;clairs d'orage / en rose et surtout dans la for&#234;t / autour de la maison / le bleu roi, surtout le bleu roi qui a r&#233;v&#233;l&#233; notre vie / et pris la couleur des accouchements.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, dernier &#233;l&#233;ment pr&#233;gnant, ce qui concerne le v&#233;g&#233;tal, aussi bien arbres que fleurs et fruits, et le marin, &lt;i&gt;Qu'&#233;criviez-vous de cette opale, de ces c&#244;tes ? Qu'&#233;criviez-vous de mes dunes, / mes falaises ?...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien d'autres choses encore pour d'autres pages sp&#233;cifiques qui n'entrent aucunement dans ce cadre l&#226;che que j'essaie tant bien que mal de tracer. On est chaque fois entra&#238;n&#233;, quel que soit le sujet&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8230;Un 8 ?&lt;br class='autobr' /&gt;
un 8 &#233;tait le chiffre qui naissait de lui-m&#234;me, &lt;br class='autobr' /&gt;
qui &#233;tait une voyelle pleine, &#233;tait &lt;br class='autobr' /&gt;
une immacul&#233;e conception, un chiffre&lt;br class='autobr' /&gt;
qui dansait, sinueux, avec ses courbes &lt;br class='autobr' /&gt;
de bras et de cuisses. Le 8 : la voyelle&lt;br class='autobr' /&gt;
qui commen&#231;ait la litt&#233;rature ?...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;15 &#8364;. 2, rue du Rhin Napol&#233;on - 67000 Strasbourg.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean-Louis Rambour : Y trouver fi&#232;vre (l'herbe qui tremble)</title>
		<link>https://dechargelarevue.com/Jean-Louis-Rambour-Y-trouver-fievre-l-herbe-qui-tremble.html</link>
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		<dc:date>2024-01-28T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacmo</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>
		<dc:subject>Tr&#233;fois </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Je suis Jean-Louis Rambour depuis pas mal de temps (un Polder en 1994) et j'ai envie de reprendre les deux verbes qu'emploie Pierre Tr&#233;fois, son illustrateur, en quatri&#232;me de couverture : &#171; Jean-Louis Rambour ne cesse de surprendre, de d&#233;contenancer &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; D'abord dans la forme, Jean-Louis Rambour travaille par rafale, par vague, &#224; chaque recueil une pr&#233;sentation s'impose. Ici, il s'agit de page de 24 vers pr&#233;cis&#233;ment, chacun d'entre eux oscillant autour de l'octosyllabe, tout d&#233;pend comment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Trefois-+.html" rel="tag"&gt;Tr&#233;fois &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je suis Jean-Louis Rambour depuis pas mal de temps (un &lt;i&gt;Polder&lt;/i&gt; en 1994) et j'ai envie de reprendre les deux verbes qu'emploie Pierre Tr&#233;fois, son illustrateur, en quatri&#232;me de couverture : &#171; Jean-Louis Rambour ne cesse de surprendre, de d&#233;contenancer &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord dans la forme, Jean-Louis Rambour travaille par rafale, par vague, &#224; chaque recueil une pr&#233;sentation s'impose. Ici, il s'agit de page de 24 vers pr&#233;cis&#233;ment, chacun d'entre eux oscillant autour de l'octosyllabe, tout d&#233;pend comment on les prononce, mais l'octosyllabe demeure la mesure majeure. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'en viens directement au fond. Cette forme, au fond rigide, oblige, quel que soit le point de d&#233;part, de remplir ce contrat tacite. 24 vers mesur&#233;s. Je prends au hasard quelques incipits : &lt;i&gt;La disparition soudaine / d&#233;concerte&#8230;&lt;/i&gt; ou bien &lt;i&gt;Les papiers peints moisissent souvent / au pied des &lt;i&gt;cloisons&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;R&#233;habituons-nous &#224; jouer les morts&#8230;&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai pris trois th&#232;mes initiaux sur les 80 po&#232;mes, aussi divers et vari&#233;s sont la plupart des autres. On voit trois axes cependant qui apparaissent ici : une abstraction pour le premier, quelque chose de tr&#232;s concret pour le deuxi&#232;me, (j'ai un autre d&#233;but un peu semblable : &lt;i&gt;Une fente jaune coupe le plancher&lt;/i&gt;), enfin pour le troisi&#232;me une incarnation, en effet ce peut &#234;tre un personnage qui devient bri&#232;vement le &#171; h&#233;ros &#187; de la page, un &#171; il &#187; souvent dans cette cat&#233;gorie, jamais de &#171; je &#187; en revanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite le texte d&#233;roule, presque d'un coup souvent. Jean-Louis Rambour joue aussi bien sur la pr&#233;cision des termes pour les descriptions que sur l'enjambement pour la relance et le rythme. Enfin la chute est souvent soign&#233;e, en tout cas &#224; l'oppos&#233; de plate, elle cherche un effet de surprise ou de vibration, puisque l'auteur aime les effets musicaux. &lt;i&gt;&#8230;termine sur un pl&#226;tre nu qui vient / envahir la bouche des jeunes gens.&lt;/i&gt; - pour en revenir &#224; un texte d&#233;j&#224; cit&#233; ou &lt;i&gt;c'est l'attente de la prochaine survie&lt;/i&gt; pour un autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai relev&#233; ici et l&#224; des morceaux &#233;tonnants comme : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Il s'&#233;tait fait &#224; l'&#233;paule &lt;br class='autobr' /&gt;
des marquages de cutis&lt;br class='autobr' /&gt;
un trait plus long&lt;br class='autobr' /&gt;
pour la dizaine&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs ont rapport avec les mots &#233;videmment :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#192; la fin de la page on m&#233;dite&lt;br class='autobr' /&gt;
sur chaque mot &#233;vit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
on cherche l'autre sens&lt;br class='autobr' /&gt;
que celui sans doute &#233;crit&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#8230;Les mots eux-m&#234;mes&lt;br class='autobr' /&gt;
ne se rendaient pas compte des sons&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'ils emprisonnaient des mots&lt;br class='autobr' /&gt;
comme des habits trop grands&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou encore :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Les mots en effet reviennent ne cessent&lt;br class='autobr' /&gt;
de revenir et forment des billes de sucre&lt;br class='autobr' /&gt;
des agates de cour d'&#233;cole&lt;br class='autobr' /&gt;
des souvenirs des proph&#233;ties&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on mord &#224; s'arracher la langue.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;16 &#8364;. 6, Place Normandy - 64160 Bill&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jean-Louis Rambour : Le&#231;on de t&#233;n&#232;bres (L'Herbe qui tremble)</title>
		<link>https://dechargelarevue.com/Jean-Louis-Rambour-Lecon-de-tenebres-L-Herbe-qui-tremble.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dechargelarevue.com/Jean-Louis-Rambour-Lecon-de-tenebres-L-Herbe-qui-tremble.html</guid>
		<dc:date>2022-09-14T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacmo</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>
		<dc:subject>Rebeyrolle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette fois, c'est un personnage qui sert de moyen, de v&#233;hicule et de t&#233;moin pour d&#233;livrer cette le&#231;on de t&#233;n&#232;bres. Line dans un air de m&#233;lancolie &lt;br class='autobr' /&gt; Comme toujours chez Jean-Louis Rambour, tout est ficel&#233;, cisel&#233; et raffin&#233; mine de rien. Chaque page est un dizain qui cache sa forme et le vers se fait alexandrin, avec la coquetterie du encor, pour gommer la syllabe de trop. Qui dit personnage, dit lieu et celui-ci est pr&#233;cis&#233; : rivi&#232;re de l'Avre, pont de Moreuil, entre la baie d'Authie et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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/ 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette fois, c'est un personnage qui sert de moyen, de v&#233;hicule et de t&#233;moin pour d&#233;livrer cette le&#231;on de t&#233;n&#232;bres. &lt;i&gt;Line dans un air de m&#233;lancolie&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme toujours chez Jean-Louis Rambour, tout est ficel&#233;, cisel&#233; et raffin&#233; mine de rien. Chaque page est un dizain qui cache sa forme et le vers se fait alexandrin, avec la coquetterie du &lt;i&gt;encor&lt;/i&gt;, pour gommer la syllabe de trop. Qui dit personnage, dit lieu et celui-ci est pr&#233;cis&#233; : rivi&#232;re de l'Avre, pont de Moreuil, &lt;i&gt;entre la baie d'Authie et la Somme&#8230;&lt;/i&gt; Line se tient cependant &#224; la limite du territoire des morts et des vivants. &lt;i&gt;Line prend soin de son corps et de son squelette&#8230;&lt;/i&gt; Il y est en vrai plus souvent question de squelettes que d'hommes. Et Line poss&#232;de la facult&#233; lexicale de se d&#233;doubler : &lt;i&gt;Line peut se prononcer aussi fine&#8230;&lt;/i&gt; ou bien &lt;i&gt;Line se prononce aussi fragile&#8230;&lt;/i&gt; ou encore &lt;i&gt;Line peut se prononcer aussi signe&#8230;&lt;/i&gt; ou enfin &lt;i&gt;Line peut se prononcer aussi lune&#8230;&lt;/i&gt; Il y a toujours dans les recueils de Jean-Louis Rambour des trouvailles :&lt;i&gt; Guider un aveugle dans une maison sombre / est d&#233;risoire puisqu'on se cogne soi-m&#234;me&#8230; &lt;/i&gt; ou bien : &lt;i&gt;Dans la vie de Line il y a des fils &#224; linge, / les pantalons des hommes, les taches bleues, rouges / des &#233;pingles. Le vrai clavier dont elle joue.&#8230;&lt;/i&gt; Car il y est question aussi d'accord&#233;on et de Tour de France... Le recueil est un po&#232;me &#224; la fois sombre et roboratif. On est toujours &#224; cheval entre la beaut&#233; du vivant et le d&#233;sastre de la mort. &lt;i&gt;Au march&#233; des destins, on a parfois le choix / des bonheurs&#8230;&lt;/i&gt; Ainsi &#233;crit Jean-Louis Rambour avec cette plume ambigu&#235; et magnifique. Comme souvent des toiles d'un peintre l'accompagnent parfaitement, cette fois celles de Fabrice Rebeyrolle. On ne sait jamais lequel illustre l'autre. Si c'est le texte qui inspire la toile, si c'est la peinture qui devance l'&#233;criture. &#199;a marche en tout cas dans les deux sens. Et la r&#233;ussite lie le tout. &lt;i&gt;&#8230;l'appel / des vivants, perp&#233;tuel, inclut les absents.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;17 &#8364;. 6, Place Normandy &#8211; 64140 Bill&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lire aussi, chez le m&#234;me &#233;diteur : &lt;i&gt;Quand nous regardions depuis notre terre&lt;/i&gt;, de &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; &amp; &lt;strong&gt;J&#233;r&#244;me Del&#233;pine&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> I.D n&#176; 935 : Deux regards sur les invisibles </title>
		<link>https://dechargelarevue.com/I-D-no-935-Deux-regards-sur-les-invisibles.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dechargelarevue.com/I-D-no-935-Deux-regards-sur-les-invisibles.html</guid>
		<dc:date>2021-06-04T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vercey</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>
		<dc:subject>Doms</dc:subject>
		<dc:subject>Tr&#233;fois </dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces deux nouveaux livres de Jean-Louis Rambour : Le travail du monde, &#224; l'Herbe qui tremble, et Pauvres de nous, chez Gros Textes, qui attendaient depuis trop longtemps que j'en m'en saisisse (depuis quand ? je n'ose v&#233;rifier : le retard s'accumule, il est certain. Et cet &#233;tat de chose n'est pas pr&#232;s de s'am&#233;liorer, tant les &#233;diteurs montrent une &#233;tonnante vigueur (l'&#233;nergie du d&#233;sespoir ?) &#224; multiplier les titres et les envois), s'inscrivent comme naturellement &#224; la suite du dernier (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/-Les-I-D-.html" rel="directory"&gt;Les I.D&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Rambour-+.html" rel="tag"&gt;Rambour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Doms-+.html" rel="tag"&gt;Doms&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Trefois-+.html" rel="tag"&gt;Tr&#233;fois &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces deux nouveaux livres de&lt;strong&gt; Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Le travail du monde&lt;/i&gt;, &#224; &lt;a href=&#034;https://lherbequitremble.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Herbe qui tremble&lt;/a&gt;, et&lt;i&gt; Pauvres de nous&lt;/i&gt;, chez &lt;a href=&#034;https://grostextes.fr/publications/editions-gros-textes/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Gros Textes&lt;/a&gt;, qui attendaient depuis trop longtemps que j'en m'en saisisse (depuis quand ? je n'ose v&#233;rifier : le retard s'accumule, il est certain. Et cet &#233;tat de chose n'est pas pr&#232;s de s'am&#233;liorer, tant les &#233;diteurs montrent une &#233;tonnante vigueur (l'&#233;nergie du d&#233;sespoir ?) &#224; multiplier les titres et les envois), s'inscrivent comme naturellement &#224; la suite du dernier &lt;i&gt;Itin&#233;raire de D&#233;lestage&lt;/i&gt; que je consacrais &#224; cet auteur : &lt;i&gt;I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-881-Julia-et-Olivier-et-quelques-autres-laisses-pour-compte.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;881&lt;/a&gt;, intitul&#233; :&lt;i&gt; Julia et Olivier, et quelques autres laiss&#233;s-pour-compte&lt;/i&gt;, et qui se terminait par la citation d'un onzain mettant en sc&#232;ne &lt;i&gt;un mendiant &#8211; certains disent SDF&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'on retrouve en effet dans ces deux ouvrages les caract&#233;ristiques d'une &#339;uvre d'une admirable coh&#233;rence et d'une grande vari&#233;t&#233; de partis-pris en chacune de ses manifestations. L'un des fils que le po&#232;te tire avec le plus de constance est cette bienveillance port&#233;e aux laiss&#233;s-pour-compte justement, aux anonymes de la rue et du travail.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Car tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur&lt;br class='autobr' /&gt;
des mondes, qui pourtant tourne rond et autour&lt;br class='autobr' /&gt;
du soleil. Des milliers d&#233;filent dans la rue,&lt;br class='autobr' /&gt;
des milliers, cela fait un bel enterrement &lt;br class='autobr' /&gt;
de la lutte des classes, enterrement des classes.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&#233;crit-il dans &lt;i&gt;le Travail du monde&lt;/i&gt;. Po&#232;te social, Jean-Louis Rambour ? Po&#232;te politique, pourquoi pas. &#192; condition que les qualificatifs : social ou politique (on pourrait m&#234;me ajouter &lt;i&gt;populaire&lt;/i&gt;) ne prennent toute la place, n'obscurcissent ce nom de &lt;i&gt;Po&#232;te &lt;/i&gt; qui nous importe. Car quel que soit le sujet qu'il traite, demeure le souci de la forme, gr&#226;ce &#224; laquelle il rend aux travailleurs et aux ouvriers leur dignit&#233;, conf&#232;re aux humbles une noblesse, &#224; ceux qui &lt;i&gt;vivent leur vie dans un complet anonymat&lt;/i&gt; et parfois la risque : &lt;i&gt;Tomb&#233;s dans la neige de juin cinquante-et-un, / qui connait les noms des sherpas d'Annapurna ? &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi &lt;i&gt;le Travail du monde&lt;/i&gt; est-il une suite de cent dizains &#233;crits en alexandrins, qu'accompagne et illustre le travail du peintre &lt;strong&gt;Jean Morette&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;craies graphiques, craies grasses, aquarelle&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les po&#232;mes de &lt;i&gt;Pauvres de nous&lt;/i&gt;, sur 70 pages, d&#233;crivent en 15 vers irr&#233;guliers (pas si &#233;loign&#233;s de l'alexandrin toutefois), justifi&#233;s au centre, les naufrag&#233;s de la rue, les recrach&#233;s de la machine industrielle et du travail, commentent les photographies prises subrepticement (mais &lt;i&gt;le voyeur&lt;/i&gt; est parfois rep&#233;r&#233;) par l'auteur lui-m&#234;me. Ils saisissent les pauvres donc, les invisibles, hommes et femmes &#224; part &#233;gal peut-on remarquer (faut-il s'en f&#233;liciter ?), dans leur d&#233;cor, assis (en g&#233;n&#233;ral, mais endormis aussi) sur le trottoir, debout &#224; la porte d'une &#233;glise. Reviennent le plus souvent dans le descriptif les termes &lt;i&gt;Carton&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;dab &lt;/i&gt; (dont l'auteur use plus facilement que : &lt;i&gt; distributeur automatique de billets&lt;/i&gt;). Le po&#232;me suivant (justifi&#233; au centre, je le rappelle, mais je ne peux le reproduire ici dans sa forme originale) r&#233;unit les deux termes :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Il est temps de rendre hommage &#224; l'inventeur &lt;br class='autobr' /&gt;
du carton sur lequel les exclus &#233;chouent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Merci dont au physicien R&#233;aumur sans lequel &lt;br class='autobr' /&gt;
la vie serait beaucoup moins confortable&lt;br class='autobr' /&gt;
pour les vieilles dames aux fesses si sollicit&#233;es,&lt;br class='autobr' /&gt;
si patientes. C'est-&#224;-dire si souffrantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
A certains il faut une croix pour vivre sa passion,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; d'autres c'est le carton de R&#233;aumur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici la dame a pos&#233; son carton de douleur&lt;br class='autobr' /&gt;
pr&#232;s d'un distributeur automatique comme &lt;br class='autobr' /&gt;
la plupart des &#233;chou&#233;s le font. Il faudrait donc&lt;br class='autobr' /&gt;
rendre hommage aussi &#224; l'inventeur&lt;br class='autobr' /&gt;
des distributeurs de billets, de sandwiches,&lt;br class='autobr' /&gt;
de boissons, de pr&#233;servatifs, aux ing&#233;nieux&lt;br class='autobr' /&gt;
qui rendent la vie des pauvres plus l&#233;g&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;On notera que l'auteur ne saurait terminer un livre sans adresser un discret salut &#224; Fran&#231;ois, le fils disparu, &lt;i&gt;la salamandre&lt;/i&gt; autrement dit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rep&#232;res &lt;/strong&gt; :&lt;strong&gt; Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; : &lt;a href=&#034;https://grostextes.fr/publication/pauvre-de-nous/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pauvres de nous&lt;/a&gt; . Pr&#233;face d'&lt;strong&gt;Andr&#233; Doms&lt;/strong&gt;. &#201;ditions &lt;i&gt;Gros Textes&lt;/i&gt; ( Fontfourane. 05380 Ch&#226;teauroux-les Alpes). 76 p. 12&#8364;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Du m&#234;me auteur&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Le Travail du monde&lt;/i&gt;. Peintures de &lt;strong&gt;Jean Morette&lt;/strong&gt;. Pri&#232;re d'ins&#233;rer de &lt;strong&gt;Pierre Tr&#233;fois&lt;/strong&gt;. &lt;a href=&#034;https://lherbequitremble.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Herbe qui tremble&lt;/a&gt; &#233;d. ( 6 place de Normandie &#8211; 64140 Bill&#232;re) 130 p. 15&#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>I.D n&#176; 881 : Julia, Olivier, et autres laiss&#233;s-pour-compte</title>
		<link>https://dechargelarevue.com/I-D-no-881-Julia-et-Olivier-et-quelques-autres-laisses-pour-compte.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dechargelarevue.com/I-D-no-881-Julia-et-Olivier-et-quelques-autres-laisses-pour-compte.html</guid>
		<dc:date>2020-06-27T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vercey</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>
		<dc:subject>Tr&#233;fois </dc:subject>
		<dc:subject>No&#235;l</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De Jean-Louis Rambour l'&#339;uvre, forte d&#233;j&#224; d'une quarantaine de titres, vient de s'accroitre - plus ou moins r&#233;cemment : je ne suis pas tout &#224; fait &#224; flot par rapport aux ouvrages qui me sont adress&#233;s, et alors que je d&#233;plorais durant le confinement un ass&#232;chement des sources, force est de constater une vigoureuse reprise d'activit&#233;s chez les &#233;diteurs ( la m&#234;me vigueur saisira-t-elle les lecteurs ? Telle est bien &#224; pr&#233;sent la question) de deux titres : 33 po&#232;mes en forme de nouvelles (ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/-Les-I-D-.html" rel="directory"&gt;Les I.D&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Rambour-+.html" rel="tag"&gt;Rambour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Trefois-+.html" rel="tag"&gt;Tr&#233;fois &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Noel-+.html" rel="tag"&gt;No&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; l'&#339;uvre, forte d&#233;j&#224; d'une quarantaine de titres, vient de s'accroitre - plus ou moins r&#233;cemment : je ne suis pas tout &#224; fait &#224; flot par rapport aux ouvrages qui me sont adress&#233;s, et alors que je d&#233;plorais durant le confinement un ass&#232;chement des sources, force est de constater une vigoureuse reprise d'activit&#233;s chez les &#233;diteurs ( la m&#234;me vigueur saisira-t-elle les lecteurs ? Telle est bien &#224; pr&#233;sent la question) de deux titres : &lt;i&gt;33 po&#232;mes en forme de nouvelles (ou l'inverse)&lt;/i&gt;, dans les &lt;i&gt;Cahiers du Loup bleu&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions &lt;i&gt;Lieux Dits&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;Extension de la lumi&#232;re&lt;/i&gt;, qu'il cosigne avec son complice &lt;strong&gt;Pierre Tr&#233;fois&lt;/strong&gt;, sous l'apparent label de &lt;i&gt;La Salamandre&lt;/i&gt;, - &lt;i&gt;&#233;dition priv&#233;e&lt;/i&gt; selon une indication en page int&#233;rieure, bref en auto&#233;dition.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et deux registres de voix fort distincts, registres sur lesquels l'auteur s'est d&#233;j&#224; exprim&#233;. Le plaisir de lecture que procure Jean-Louis Rambour est &#224; rapprocher de celui d&#233;crit il y a peu, &#224; suivre le d&#233;roul&#233; de l'&#339;uvre de &lt;strong&gt;Christiane Veschambre&lt;/strong&gt; (I.D n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-879-Mon-intime-mon-etrangere.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;879&lt;/a&gt;) : apr&#232;s un premier temps &#224; go&#251;ter une forme inattendue, renouvel&#233;e, quelque peu d&#233;routante, celui de retrouver des th&#233;matiques, des inflexions famili&#232;res, de renouer avec l'un des fils singuliers qui courent &#224; travers les &#233;crits du po&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &lt;i&gt;La Salamandre&lt;/i&gt; renvoie de mani&#232;re quasi subliminale au&lt;i&gt; Jeune Homme Salamandre&lt;/i&gt; &lt;i&gt;(L'Arbre&lt;/i&gt; &#233;d. 1999), c'est-&#224;-dire &#224; Fran&#231;ois, fils dont le souvenir ne quitte pas la pens&#233;e de l'auteur, &lt;i&gt;Extension de la lumi&#232;re&lt;/i&gt; prolonge la formule propos&#233;e en premier lieu dans &lt;i&gt;La vie crue&lt;/i&gt;, et reconduite on ne peut plus brillamment si l'on suit les dithyrambes dress&#233;s en pr&#233;face par &lt;strong&gt;Bernard No&#235;l&lt;/strong&gt; dans &lt;i&gt;L'Eph&#233;m&#232;re capture&lt;/i&gt; (&lt;i&gt; I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-641-Un-soulevement-qui.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;641&lt;/a&gt;), celle d'une association avec les &#233;chev&#232;lements color&#233;s de Pierre Tr&#233;fois, d'o&#249; les &#233;crits tirent leur inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;) on riait beaucoup,&lt;br class='autobr' /&gt;
on se moquait de tout. Tu te souviens&lt;br class='autobr' /&gt;
de cette fois o&#249; tu as dans&#233; le french cancan&lt;br class='autobr' /&gt;
sans culotte, cette autre fois&lt;br class='autobr' /&gt;
sur la plage du Touquet o&#249; tu as march&#233; nue&lt;br class='autobr' /&gt;
avec un boa bleu autour du cou,&lt;br class='autobr' /&gt;
de ce sourire que tu avais, si expansif&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'il te mangeait un &#339;il entier ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te souviens de ce bleu sarcelle&lt;br class='autobr' /&gt;
par lequel les allumettes que tu vendais&lt;br class='autobr' /&gt;
commen&#231;aient leur flamme &lt;br class='autobr' /&gt;
avant de prendre leur jaune abricot ?&lt;br class='autobr' /&gt;
De tes vingt-six chats qui ont remplac&#233; Henri,&lt;br class='autobr' /&gt;
de la t&#233;r&#233;benthine qui a remplac&#233; l'alcool,&lt;br class='autobr' /&gt;
de ton ob&#233;sit&#233; apr&#232;s la l&#233;g&#232;ret&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
de tes dix jours d'agonie &#224; Lariboisi&#232;re ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu te souvient de ta mort ?&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ce po&#232;me &#233;voquant &lt;i&gt;Toulouse-Lautrec (Henri de..)&lt;/i&gt; et La Goulue, et dont je ne cite ici qu'un extrait, accompagne le dessin reproduit ci-contre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;33 po&#232;mes&lt;/i&gt;, onzains en v&#233;rit&#233;, propos&#233;s par &lt;i&gt;le Loup bleu&lt;/i&gt;, tirent un tout autre fil : t&#233;moignent une fois encore, dans la veine du &lt;i&gt;Memo d'Amiens&lt;/i&gt; (&lt;a href=&#034;https://www.editionshenry.com/index.php?id_article=386&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ed. &lt;i&gt;Henry&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;) par exemple, de l'attention de Jean-Louis Rambour aux personnages populaires, aux humbles, aux oubli&#233;s de l'histoire : de &lt;i&gt;Mathias Steunou qui gagna avec dix minutes d'avance, / en 39, le grand prix organis&#233; par la Ville d'Arras/ et v&#233;cu 230 000 minutes / de prisonnier de guerre &#224; Rastengurg, en Prusse /&lt;/i&gt;, &#224; Jacques Daumer et Jacques Courtois les ventriloques, aux inventeurs de la chaise Mullcas : Robert M&#252;ller et Gaston Cavaillon, aux petits m&#233;tiers : &#233;picier, libraire, marchand de ballons, merci&#232;re, &#224; ceux qui &lt;i&gt;disparaissent des comptes&lt;/i&gt;, et &#224; qui le po&#232;te entend donner une dignit&#233;, leur accorder un &#233;clat m&#234;me bref de post&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Un mendiant &#8211; certains disent SDF, S comme Solitaire -&lt;br class='autobr' /&gt;
un mendiant donc, doux, donne son sourire, son &#171; Bonjour &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
avec une l&#233;g&#232;re difficult&#233; &#224; bouger des l&#232;vres&lt;br class='autobr' /&gt;
percluses de froid, de g&#234;ne, de peur, gourdes au point&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'on doit deviner le mot, par le contexte, un son rep&#233;r&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
un mouvement de t&#234;te. Il est assis devant le portail&lt;br class='autobr' /&gt;
d'entr&#233;e de l'&#233;glise Saint-Croix de Caix, juste &#224; c&#244;t&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un Christ aux liens qui le nargue, un type d&#233;shabill&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
dont la souffrance assurera la post&#233;rit&#233;, quand lui,&lt;br class='autobr' /&gt;
le mendiant, dispara&#238;tra des comptes, malgr&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
son doux regard de h&#233;risson pris dans la lumi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais pour donner &#224; tel ou telle, &#224; Julia et Olivier, les chances de demeurer, encore faut-il que les vers &#233;crits &#224; leur gloire soient re&#231;us comme po&#232;me, participent d'une probl&#233;matique de la cr&#233;ation po&#233;tique actuelle. Celle que posent et illustrent ces &lt;i&gt;33 po&#232;mes&lt;/i&gt; est celui du rapport de la prose &#224; la po&#233;sie, de la prose dans le tissu de laquelle les longs vers de 10, 12 ou 14 syllabes paraissent &#234;tre taill&#233;s, - de la prose et aussi du prosa&#239;sme, tant les sujets trait&#233;s, &#224; l'instar des personnes, sont modestes. Au d&#233;suet, au d&#233;mod&#233;, &#224; &lt;i&gt;la chaise la plus laide jamais con&#231;ue&lt;/i&gt;, &#224; des v&#233;rit&#233;s d'un sou, les onzains de Jean-Louis Rambour donnent leur titre de noblesse. Doutera-t-on que cette po&#233;sie soit politique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rep&#232;res &lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt; Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;33 po&#232;mes en forme de nouvelles (ou l'inverse)&lt;/i&gt;, dans les &lt;i&gt;Cahiers du Loup bleu&lt;/i&gt; (dessin de &lt;strong&gt;Luc Demissy&lt;/strong&gt;), aux &#233;ditions &lt;i&gt;Lieux Dits&lt;/i&gt; (Zone d'Art &#8211; 2 rue du Rhin Napol&#233;on &#8211; 67000 Strasbourg). 46 p. 7&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jacmo &lt;/strong&gt; a rendu compte de cet ouvrage dans &lt;i&gt;D&#233;charge &lt;/i&gt; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/Decharge-no-186.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;186&lt;/a&gt; (juin 2020) :&lt;i&gt; De nouvelles &#233;clairs o&#249; l'on braque le projecteur sur un petit point d'Histoire de France ou de g&#233;ographie septentrionale&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du m&#234;me auteur&lt;/strong&gt;, sur des dessins de &lt;strong&gt;Pierre Tr&#233;fois&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Extension de la lumi&#232;re&lt;/i&gt;. 15&#8364; chez l'auteur. Renseignement : jeanlouis.rambour52@gmail.com&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Meteor n&#176; 2</title>
		<link>https://dechargelarevue.com/Meteor-no-2.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dechargelarevue.com/Meteor-no-2.html</guid>
		<dc:date>2020-04-01T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jacmo</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>
		<dc:subject>Maine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'avais pris date en ao&#251;t dernier en chroniquant le premier num&#233;ro de cette belle revue. Cette fois, l'invit&#233; principal est Jean-Louis Rambour et le th&#232;me du n&#176; : Passage. &lt;br class='autobr' /&gt; D'abord, Antoine Maine donne un bon &#233;dito, tout en commen&#231;ant par cet aveu : Je ne sais pas &#233;crire un &#233;dito, alors je vais mettre des mots bout &#224; bout&#8230; Et mine de rien, il fait le tour du num&#233;ro en pr&#233;sentation. &#8230;La po&#233;sie n'est pas un de ces mondes, ce n'est pas un espace fig&#233;, arr&#234;t&#233;, ni un &#233;tat. C'est un mat&#233;riau (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/-Revue-du-mois-.html" rel="directory"&gt;Vie des revues&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Rambour-+.html" rel="tag"&gt;Rambour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Maine-469-469-469-469-+.html" rel="tag"&gt;Maine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'avais pris date en ao&#251;t dernier en chroniquant &lt;a href='https://dechargelarevue.com/Meteor-no-1.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le premier num&#233;ro&lt;/a&gt; de cette belle revue. Cette fois, l'invit&#233; principal est &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; et le th&#232;me du n&#176; : &lt;i&gt;Passage&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, Antoine Maine donne un bon &#233;dito, tout en commen&#231;ant par cet aveu : &lt;i&gt;Je ne sais pas &#233;crire un &#233;dito, alors je vais mettre des mots bout &#224; bout&#8230; &lt;/i&gt; Et mine de rien, il fait le tour du num&#233;ro en pr&#233;sentation.&lt;i&gt; &#8230;La po&#233;sie n'est pas un de ces mondes, ce n'est pas un espace fig&#233;, arr&#234;t&#233;, ni un &#233;tat. C'est un mat&#233;riau instable et volatile. Bien plus, elle est le mouvement m&#234;me, expansion ou r&#233;tractation&#8230;&lt;/i&gt;. Des mots bout &#224; bout, vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc Jean-Louis Rambour comme locomotive. Avec un long texte : &lt;i&gt;Le passeur&lt;/i&gt;. Bien dans sa mani&#232;re. &lt;i&gt;L'avenir se m&#226;che avec quelques dents g&#226;t&#233;es&lt;/i&gt;. De multiples paragraphes qui se suivent, qu'on peut lire ind&#233;pendamment les uns des autres, mais qui se lisent aussi bien &#224; la suite, et forment entre eux une esp&#232;ce de coh&#233;rence sup&#233;rieure, &lt;i&gt;D'une vasque de feu &#233;mergent des &#233;toiles qui prennent des dents de scie &#224; perforer les ciels.&lt;/i&gt; un peu comme l'&#339;uvre de Jean-Louis Rambour elle-m&#234;me qui d&#233;gage chaque fois une facette diff&#233;rente et nouvelle de l'auteur pour former petit &#224; petit un kal&#233;idoscope plus complexe au fur et &#224; mesure. &lt;i&gt;Le passage n'existe pas puisqu'il n'y a pas de but. C'est ainsi qu'&#224; la mort ne survivent pas vos noms&#8230;&lt;/i&gt; Antoine Maine, qui lui a rendu visite en Normandie, essaie avec lui de &#171; saisir l'invisible &#187;. Ramiro Oviedo revient longuement sur un livre r&#233;cent paru &#224; l'Herbe qui tremble. Les photos de Benjamin Teissedre sont superbes. De m&#234;me que le travail plastique de Brigitte Dusserre-Bresson auquel rend hommage Jean-Louis Rambour en d&#233;clinant la couleur bleue. Ainsi que Patricia Castex-Menier : &lt;i&gt;comme les &#233;toiles / filtr&#233;es / au tamis de la nuit&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Th&#232;me du n&#176; : &lt;i&gt;Passage&lt;/i&gt;. La plupart des textes sont de bonne tenue. M&#234;me si le th&#232;me se pr&#234;te &#224; toutes les interpr&#233;tations. Jean-Patrice Roux : &lt;i&gt;Le mur s'&#233;tire / Au soleil / Comme un bras&lt;/i&gt; Morgan Riet parle d'un &#171; Vieil homme aux escarres &#187; d'une mani&#232;re touchante. Ivan de Montbrison coupe les corps en deux. Emilie G&#233;vart donne un remarquable texte : &#171; Coupe-gorge &#187;. Serge Marcel Roche. Vassili Goux. Extrait d'un texte fantastique : &#171; le tunnel &#187; de R&#233;my Durand, d&#233;c&#233;d&#233; en juillet 2019. Miguel Angel Real livre &#171; Trois passages &#187;. Christophe Sanchez parle d'une femme battue. Christophe Dekerpel choisit une Impasse comme passage. Bernard Moreau enfin : &lt;i&gt;faux marbre o&#249; je r&#234;ve de graver / en ordre de bataille pr&#234;ts &#224; l'assaut des chim&#232;res / mes propres vers frott&#233;s &#224; l'ordinaire du monde&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour finir les r&#233;dacteurs de la revue : Ramiro Oviedo, S&#233;bastien Kwiek et Antoine Maine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prochain invit&#233; : Werner Lambersy. Th&#232;me : &lt;i&gt;Incandescence&lt;/i&gt;. (Texte de 5000 caract&#232;res maxi, avant fin avril)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;14 &#8364;. 134, rue du Docteur Rinuy &#8211; 80260 Flesselles.&lt;br class='autobr' /&gt;
lachouetteimprevue@gmail.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liste de TOUTES les &lt;a href='https://dechargelarevue.com/TOUTES-les-revues-du-mois.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;revues du mois&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>I.D n&#176; 771 : L'odeur de La Valse de Ravel</title>
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		<guid isPermaLink="true">https://dechargelarevue.com/I-D-no-771-L-odeur-de-La-Valse-de-Ravel.html</guid>
		<dc:date>2018-09-08T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vercey</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Andr&#233; Doms le dit &#224; sa mani&#232;re - citation en 4&#232;me de couverture de ce Tombeau de Christopher Falzone -, et je commen&#231;ais mon compte-rendu (I.D n&#176; 654) de Sanaterra par une remarque de la m&#234;me eau : l'&#339;uvre de Jean-Louis Rambour frappe par la diversit&#233; des formes po&#233;tiques qu'elle emprunte, par sa profonde coh&#233;rence et dans le m&#234;me temps par une capacit&#233; &#224; surprendre par l'objet renouvel&#233; de chacun de ses livres successifs. Franchement, saviez-vous qui &#233;tait ce Christopher Falzone, avant que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/-Les-I-D-.html" rel="directory"&gt;Les I.D&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Rambour-+.html" rel="tag"&gt;Rambour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Andr&#233; Doms le dit &#224; sa mani&#232;re - citation en 4&#232;me de couverture de ce &lt;strong&gt;Tombeau de Christopher Falzone&lt;/strong&gt; -, et je commen&#231;ais mon compte-rendu (&lt;i&gt;I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-654-Sanaterra-la-piece.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;654&lt;/a&gt;) de &lt;i&gt;Sanaterra &lt;/i&gt; par une remarque de la m&#234;me eau : l'&#339;uvre de &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; frappe par la diversit&#233; des formes po&#233;tiques qu'elle emprunte, par sa &lt;i&gt;profonde coh&#233;rence&lt;/i&gt; et dans le m&#234;me temps par une capacit&#233; &#224; surprendre par l'objet renouvel&#233; de chacun de ses livres successifs. Franchement, saviez-vous qui &#233;tait ce Christopher Falzone, avant que le po&#232;te en &#233;crire &lt;i&gt;le Tombeau&lt;/i&gt; (&#224; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://lherbequitremble.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Herbe qui tremble&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#233;d.) ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La notice &lt;a href=&#034;https://fr.wikipedia.org/wiki/Christopher_Falzone&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;wikip&#233;dia&lt;/a&gt;, reproduite par ailleurs en fin de l'ouvrage, assoit la r&#233;alit&#233; du personnage : Christopher Falzone fut bel et bien une &#233;toile filante dans l'histoire des interpr&#232;tes de la musique classique (et contemporaine) : son dernier r&#233;cital est donn&#233; au Verbier Festival &#224; l'&#233;t&#233; 2014 ; il se donne la mort en octobre de la m&#234;me ann&#233;e, en se jetant du dixi&#232;me &#233;tage de l'h&#244;pital de Gen&#232;ve, il a 29 ans.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;29 ann&#233;es de vie, trois si&#232;cles de r&#233;pertoire,&lt;br class='autobr' /&gt;
des milliers de visages, de l&#232;vres parlantes,&lt;br class='autobr' /&gt;
le son des applaudissements, le silence de la lune.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Christopher Falzone rejoint de fait la filiation des destins tragiques, de ces jeunes &#234;tres, qui font chavirer Jean-Louis Rambour, et lui inspirent sans conteste ses plus belles pages, ses plus sensibles, de &lt;i&gt;Th&#233;o&lt;/i&gt;, le jeune grand-p&#232;re mort au combat en 1916 ( I.D n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-606-Hommage-au-caporal-Theo.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;606&lt;/a&gt;) au &lt;i&gt;Jeune homme salamandre&lt;/i&gt; (que viendra compl&#233;ter l'ouvrage autopubli&#233; &lt;i&gt;Fran&#231;ois, la semaine de sa mort&lt;/i&gt; &#8211; 2016), sans oublier ce livre des premi&#232;res &#233;critures : &lt;i&gt;Fran&#231;oise blottie&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Intervention &#224; Haute voix&lt;/i&gt; &#233;d. &#8211; 1990), une suicid&#233;e d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coh&#233;rence de l'&#339;uvre appara&#238;t dans ce &lt;i&gt;Tombeau &lt;/i&gt; plus clairement que jamais, d&#232;s la premi&#232;re page, o&#249; &#224; l'occasion de l'interpr&#233;tation de &lt;i&gt;La Valse&lt;/i&gt; de Ravel par le pianiste, on renoue avec une des obsessions majeure du po&#232;te, explicit&#233;e plus tard par ce vers : &lt;i&gt;la valse de Ravel a l'odeur des cadavres de 14.&lt;/i&gt; Cette premi&#232;re page, la voici, o&#249; d'embl&#233;e l'on est saisi par ce texte, autant qu'on peut l'&#234;tre par les premi&#232;res mesures de la fameuse valse :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Celle de Ravel, celle qui&lt;br class='autobr' /&gt;
p&#233;niblement depuis la boue des Eparges&lt;br class='autobr' /&gt;
glisse, l&#232;ve, on entend les efforts&lt;br class='autobr' /&gt;
des canonniers, les godillots su&#231;ant la terre&lt;br class='autobr' /&gt;
tandis qu'ailleurs, &#224; l'arri&#232;re, les pieds&lt;br class='autobr' /&gt;
patinent sur la cire, sous des lustres de Venise,&lt;br class='autobr' /&gt;
Cataphotes aux plafonds. Musique &#224; violons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa valse, celle de Ravel signe&lt;br class='autobr' /&gt;
la fin : on ne joue plus,&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Europe &#233;clate sa cervelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Celle de Ravel &#8211; la valse geint,&lt;br class='autobr' /&gt;
les pieds s'engluent, ce serait &lt;br class='autobr' /&gt;
ridicule si la chute n'&#233;tait mortelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est alors qu'on comprend mieux&lt;br class='autobr' /&gt;
le sens de la valse de Ravel&lt;br class='autobr' /&gt;
jou&#233;e par un pianiste, seul, toutes ces notes&lt;br class='autobr' /&gt;
qui aboient, menacent. Le pianiste,&lt;br class='autobr' /&gt;
Christophe Falzone, a la jeunesse des soldats&lt;br class='autobr' /&gt;
et seulement deux jours &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;cor est plant&#233;, et le drame se noue. L'&#233;motion bien s&#251;r, mais aussi le sens du rythme et de la rigueur marquent cette po&#233;sie, qui est un prosa&#239;sme (&#224; la Cendrars, si l'on tient aux r&#233;f&#233;rences) d'une pr&#233;cision de rapport de police dans le relev&#233; des faits, des jours et des heures, aussi bien que dans celui des termes m&#233;dicaux ou de la d&#233;signation des m&#233;dicaments, ce qui n'emp&#234;che nullement les &#233;chapp&#233;es d'images qu'on attend de la po&#233;sie. Par exemple, parlant du &lt;i&gt;sourire du pianiste&lt;/i&gt;, tel qu'il le d&#233;couvre sur une photographie, et dont&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
on peut &#234;tre s&#251;r qu'il &#233;tait l'effet&lt;br class='autobr' /&gt;
du Risperdal l'antipsychotique les comprim&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
vert p&#226;le qui civilisent le g&#233;nie&lt;br class='autobr' /&gt;
un sourire mimosa, un sourire &lt;br class='autobr' /&gt;
de pivoine am&#232;re, pivoine, une tulipe noire&lt;br class='autobr' /&gt;
accompagn&#233;e de l'odeur des &#233;glises&lt;br class='autobr' /&gt;
aux parois humides de mort, ces bases de murs&lt;br class='autobr' /&gt;
lign&#233;es de moisissures vertes&lt;br class='autobr' /&gt;
sous lesquelles on croit toujours trouver&lt;br class='autobr' /&gt;
des corps et des rats, des largos tossant les nerfs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien d'autres aspects de l'ouvrage m&#233;riteraient d'&#234;tre comment&#233;s, les &lt;i&gt;Itin&#233;raires de D&#233;lestage&lt;/i&gt; (ou&lt;i&gt; I.D&lt;/i&gt;) ont leur contrainte. L'important est que par son art Jean-Louis Rambour r&#233;ussit son projet : transformer &#224; travers ce r&#233;cit-po&#232;me un jeune homme inconnu, oubli&#233;, en figure de l&#233;gende.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rep&#232;res &lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Tombeau de Christopher Falzone&lt;/i&gt;. Accompagnement plastique : Peintures de &lt;strong&gt;Renaud Allirand&lt;/strong&gt;. Editions &lt;a href=&#034;https://lherbequitremble.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'herbe qui tremble&lt;/a&gt;. 60 p. 13&#8364;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du m&#234;me auteur&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;En son temps&lt;/i&gt;, trente po&#232;mes pour accompagner 30 photographies d'&lt;strong&gt;Yvon Kervinio&lt;/strong&gt; : ann&#233;es 80, en Bretagne, trognes en joie, en peine. En deuil et en chansons. Edit&#233; par &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ergon4.fr/html/artistesediteurs/cv_kervinio.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Aventure Caro&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; (13 rue du ch&#226;teau de la garenne &#8211; 56410 &#8211; Etel) &#8211; 19,50&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Livres pr&#233;c&#233;dents de Jean-Louis Rambour : &lt;i&gt;Sanaterra&lt;/i&gt; (voir l'&lt;i&gt;I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-654-Sanaterra-la-piece.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;654&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, avec Pierre Trefois : &lt;i&gt;L'&#201;ph&#233;m&#232;re capture&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-641-Un-soulevement-qui.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;641&lt;/a&gt;), &lt;i&gt;Th&#233;o &lt;/i&gt; (&lt;i&gt;I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-606-Hommage-au-caporal-Theo.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;606&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>I.D n&#176; 654 : Sanaterra, la pi&#232;ce manquante</title>
		<link>https://dechargelarevue.com/I-D-no-654-Sanaterra-la-piece.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dechargelarevue.com/I-D-no-654-Sanaterra-la-piece.html</guid>
		<dc:date>2016-10-08T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vercey</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Jean-Louis Rambour se signale de longue date par la capacit&#233; de l'auteur &#224; se renouveler, &#224; nous surprendre, nous entra&#238;nant &#224; chaque livre sur des domaines diff&#233;rents, en variant ses &#233;critures, ses partis-pris, ses centres d'int&#233;r&#234;t. Sans doute sa voix est-elle en cons&#233;quence difficile &#224; d&#233;finir, m&#234;me si on peut distinguer une veine r&#233;aliste, qui du Jeune homme salamandre (L'Arbre &#233;d.) &#224; Th&#233;o, r&#233;cemment republi&#233; aux &#233;ditions Corps Puce, s'attache d'abord &#224; l'histoire familiale, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#339;uvre de &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; se signale de longue date par la capacit&#233; de l'auteur &#224; se renouveler, &#224; nous surprendre, nous entra&#238;nant &#224; chaque livre sur des domaines diff&#233;rents, en variant ses &#233;critures, ses partis-pris, ses centres d'int&#233;r&#234;t. Sans doute sa voix est-elle en cons&#233;quence difficile &#224; d&#233;finir, m&#234;me si on peut distinguer une veine r&#233;aliste, qui du &lt;i&gt; Jeune homme salamandre &lt;/i&gt; (L'Arbre &#233;d.) &#224; &lt;i&gt;&lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-606-Hommage-au-caporal-Theo.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Th&#233;o&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, r&#233;cemment republi&#233; aux &#233;ditions Corps Puce, s'attache d'abord &#224; l'histoire familiale, laquelle peut s'&#233;largir jusqu'&#224; englober toute une communaut&#233; (avec &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionshenry.com/index.php?id_article=386&amp;nouv=1&amp;PHPSESSID=772a73b8ff487fc5116fe2dc978ee85c&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le m&#233;mo d'Amiens&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions Henry), et une veine plus abstraite, imaginative, qui donnait r&#233;cemment toute sa mesure dans &lt;i&gt;&lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-641-Un-soulevement-qui.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'&#233;ph&#233;m&#232;re capture&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, &#233;crit &#224; partir des crayonnages de Pierre Tr&#233;fois. Mais o&#249; ranger cette mani&#232;re de chef d'&#339;uvre que proposaient en 2001 les &lt;i&gt;Sc&#232;nes de la Grande Parade &lt;/i&gt; ( 2001 &#8211; Au D&#233; bleu) ? Je n'&#233;voque pas ce livre par hasard, &lt;i&gt;Sanaterra &lt;/i&gt; que Jean-Louis Rambour nous propose aujourd'hui, par l'entremise des &#233;ditions num&#233;riques Bookelis, nous y ram&#232;ne par la forme des po&#232;mes &#8211; m&#234;mement justifi&#233;s au centre - et une inspiration qui me semble proche.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Longtemps inaccessible &#224; la suite de m&#233;saventures &#233;ditoriales, ce livre pourrait bien s'av&#233;rer repr&#233;senter le c&#339;ur de l'&#339;uvre, vu le fort attachement de l'auteur &#224; son pays du Santerre, &lt;i&gt;Sanaterra &lt;/i&gt; selon l'&#233;tymologie la plus vraisemblable (&lt;i&gt;terre saine&lt;/i&gt;), titre que l'auteur, pour forcer le destin contraire, se d&#233;cide &#224; nous restituer envers et contre tout, en auto&#233;dition, gu&#232;re apr&#232;s qu'un drame familial l'a oblig&#233; &#224; se d&#233;raciner. On comprend quelle importance a pu prendre d&#232;s lors cette pi&#232;ce manquante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;dig&#233; il y a plus de vingt ans, &lt;i&gt;Sanaterra &lt;/i&gt; fut dans un premier temps retenu par un &#233;diteur, puis abandonn&#233; cinq ann&#233;es plus tard. &lt;i&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 2000, quelques lignes se sont gliss&#233;es dans d'autres recueils parus au D&#233; Bleu ou aux Vanneaux&lt;/i&gt;, pr&#233;cise l'auteur dans sa pri&#232;re d'ins&#233;rer. &lt;i&gt;Mais l'esprit des textes (et du texte au total obtenu) n'est vraiment identifiable qu'ici, dans ce groupement sous un seul titre et dans cette structure en trois moments, trois chants pourrait-on dire. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce triptyque, la deuxi&#232;me partie, &lt;i&gt;Le Miracle de marcher sur l'eau&lt;/i&gt;, est la plus directement accessible, forme r&#233;cit de la passion de Fernando et d'Isabelle, leur &lt;i&gt;ch&#226;sse de belle jeunesse &lt;/i&gt; qui s'interrompt avec la mort de leur enfant. Deux chants plus abstraits, &#233;mouvants cependant, myst&#233;rieusement &#233;vocateurs, l'encadrent, o&#249; l'on retrouve un Rambour usant d'un &lt;i&gt;nous &lt;/i&gt; collectif, exaltant paysages et gens d'un pays, leur construisant une l&#233;gende, &#224; l'instar d'un Ivar Ch'Vavar nagu&#232;re inventant la Picardie, comme s'il s'agissait de donner raison &#224; Patrice de La Tour du Pin : &lt;i&gt;Les pays qui n'ont plus de l&#233;gende/ seront condamn&#233;s &#224; mourir de froid. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Noter que le texte original est justifi&#233; au centre, ce qui m'est impossible de reproduire ici).&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Nous avons nos Alpes et notre hiver rigide&lt;br class='autobr' /&gt;
l'arpentage des pyramides g&#233;od&#233;siques&lt;br class='autobr' /&gt;
pour constater le forme de la terre,&lt;br class='autobr' /&gt;
la fente du jour et la hauteur des fum&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons la force du Vide et&lt;br class='autobr' /&gt;
des lumi&#232;res en pleine r&#233;flexion, &lt;br class='autobr' /&gt;
des h&#233;lices d'&#233;oliennes en proie au vent. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons nos cachots d'o&#249;&lt;br class='autobr' /&gt;
nous sommes doublement vigilants :&lt;br class='autobr' /&gt;
la nuit serait-elle d'une laque trop noire ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pouvons-nous &#234;tre certains&lt;br class='autobr' /&gt;
de vivre jusqu'au jour ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Et moi que ne suis-je &lt;br class='autobr' /&gt;
comme un marin sur sa passerelle, &lt;br class='autobr' /&gt;
hors de moi, ou sur la tour qui regarde&lt;br class='autobr' /&gt;
la fronti&#232;re pour ne rien conqu&#233;rir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon Dieu tout ceci n'est que&lt;br class='autobr' /&gt;
discours de chiens qui r&#244;dent,&lt;br class='autobr' /&gt;
des essais de paroles selon les circonstances.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Davantage allusive encore, mais aussi exalt&#233;e en son lyrisme contenu, la troisi&#232;me partie nous entra&#238;ne dans des d&#233;tours r&#233;flexifs sur de grandes questions m&#233;taphysiques du temps, de l'avenir, de l'homme. Mais aussi sur l'humble place du narrateur dans cette fresque historique par laquelle il sent &#233;cras&#233;, qu'il lui revient cependant de prendre en charge. Me semble, du moins car le chant en maints passages d&#233;borde le sens, et les vers de Jean-Louis Rambour touchent alors &#224; la po&#233;sie pure :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Avant que la for&#234;t ne soit superbe, avant&lt;br class='autobr' /&gt;
l'insulte des prisonniers, j'ai vu&lt;br class='autobr' /&gt;
des chevaux noirs et un horizon droit.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai parl&#233; avant que mon ombre&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; mon r&#234;ve ne fasse un loup.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rep&#232;res &lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;i&gt;Sanaterra &lt;/i&gt; &#8211; &lt;a href=&#034;http://www.bookelis.com/poesie/24463-Sanaterra.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Editions Bookelis&lt;/a&gt;. 98 p. 5,65&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les amis de Jean-Louis Rambour (Lucien Suel, Robert Wellet, Ch'Vavar, Andr&#233; Doms, Fran&#231;ois Huglo etc) ont rendu hommage au po&#232;te dans le revue &lt;i&gt;Chiendents &lt;/i&gt; n&#176; 7 (F&#233;vrier 2012) : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://docs.google.com/viewer?a=v&amp;pid=sites&amp;srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxlZGl0aW9uc2R1cGV0aXR2ZWhpY3VsZXxneDo5ZGIzZTNhOTdlZTlmMDk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;J.L R, po&#232;te en temps r&#233;el&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. 4&#8364; (Editions du Petit V&#233;hicule - 20 rue Coudray &#8211; 44000 &#8211; Nantes). &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai interview&#233; Jean-Louis Rambour dans les &lt;i&gt;I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no183-Le-poete-qui-voulait.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;183&lt;/a&gt; &amp; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no184-Le-poete-qui-voulait.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;184&lt;/a&gt;. Et l'&lt;i&gt;I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-641-Un-soulevement-qui.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;641&lt;/a&gt;, &#224; l'occasion de la sortie de &lt;i&gt;L'&#233;ph&#233;m&#232;re capture&lt;/i&gt; fait le point sur la collaboration du po&#232;te avec Pierre Tr&#233;fois.&lt;br class='autobr' /&gt;
J.L Rambour est pr&#233;facier de &lt;i&gt;Saturne&lt;/i&gt;, de &lt;strong&gt;Denis Hamel&lt;/strong&gt;, n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/Polder-168.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;168&lt;/a&gt; de notre collection &lt;i&gt;Polder&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>I.D n&#176; 641 : &#171; Un soul&#232;vement qui envahit les yeux &#187; (Bernard No&#235;l)</title>
		<link>https://dechargelarevue.com/I-D-no-641-Un-soulevement-qui.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dechargelarevue.com/I-D-no-641-Un-soulevement-qui.html</guid>
		<dc:date>2016-07-09T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vercey</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>
		<dc:subject>Tr&#233;fois </dc:subject>
		<dc:subject>No&#235;l</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De l'association Jean-Louis Rambour / Pierre Tr&#233;fois, on avait d&#233;couvert en 2012 une premi&#232;re &#339;uvre commune : La Vie crue (voir l'I.D n&#176; 388). En noir et blanc alors, mais la reproduction m&#233;diocre des encres de Tr&#233;fois, - d&#233;lav&#233;es, &#233;tait-il jug&#233; - avait pas mal irrit&#233; les auteurs. La formule est reconduite, en couleurs cette fois, et avec un rendu tout &#224; fait satisfaisant, pour L'&#201;ph&#233;m&#232;re capture, mince livre de 34 pages, publi&#233; aux &#233;ditions Eranthis, sous une pr&#233;face dithyrambique de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/-Les-I-D-.html" rel="directory"&gt;Les I.D&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Rambour-+.html" rel="tag"&gt;Rambour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Trefois-+.html" rel="tag"&gt;Tr&#233;fois &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Noel-+.html" rel="tag"&gt;No&#235;l&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De l'association &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour / Pierre Tr&#233;fois&lt;/strong&gt;, on avait d&#233;couvert en 2012 une premi&#232;re &#339;uvre commune : &lt;i&gt;La Vie crue&lt;/i&gt; (voir l'&lt;i&gt;I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-388-Beaux-comme-des-ready.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;388&lt;/a&gt;). En noir et blanc alors, mais la reproduction m&#233;diocre des encres de Tr&#233;fois, - &lt;i&gt;d&#233;lav&#233;es&lt;/i&gt;, &#233;tait-il jug&#233; - avait pas mal irrit&#233; les auteurs. La formule est reconduite, en couleurs cette fois, et avec un rendu tout &#224; fait satisfaisant, pour &lt;i&gt;L'&#201;ph&#233;m&#232;re capture&lt;/i&gt;, mince livre de 34 pages, publi&#233; aux &#233;ditions Eranthis, sous une pr&#233;face dithyrambique de Bernard No&#235;l : &lt;i&gt;Nous sommes brusquement devant l'&#233;nigme de la naissance des signes et du langage&lt;/i&gt; (...). M&#234;me formule, jusque dans le choix d'un titre pareillement &#233;quivoque, &#224; double entente, avec ces mots aux genres mal d&#233;finis : noms ou adjectifs ? Adjectifs ou verbes ? Jeu de po&#232;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi page &#224; page se font face, se r&#233;pondent et se provoquent l'image et le texte, l'&#233;nigme color&#233;e et un po&#232;me de 14 vers (sonnet ou pas ?) de quatorze pieds non rim&#233;s qui cherche &#224; la r&#233;soudre, comme jadis, dans l'enfance, on cherchait &#224; retrouver la figure d'un personnage dans un nuage ou le feuillage du pommier. Dans le crayonnage intensif de Pierre Tr&#233;fois, qui semble mal supporter le blanc ou l'interstice, dont l'acharnement &#224; recouvrir ce qui tendrait &#224; se r&#233;v&#233;ler rappelle peu ou prou le peintre du &lt;i&gt;Chef d'&#339;uvre inconnu&lt;/i&gt;, Jean-Louis Rambour continue de voir ; et il faut lui reconna&#238;tre une capacit&#233; d'inventivit&#233; et d'imagination hors du commun, qui lui permet des variations sans cesse renouvel&#233;es : ce qui est ici&lt;i&gt; effiloches de soie folle&lt;/i&gt;, devient ailleurs &lt;i&gt;les barbel&#233;s de la Kolyma&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les pens&#233;es en quelque sorte pens&#233;es &#224; vif&lt;br class='autobr' /&gt;
Dompt&#233;es puis l&#226;ch&#233;es au monde en bulles de sang&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ou &lt;i&gt;le cercle sanguin de l'origine du monde&lt;/i&gt;, quand ce n'est pas &lt;i&gt;Des veines comme tunnels de m&#233;tro Barb&#232;s. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela rendu dans une &#233;criture d'une belle densit&#233;. Beaucoup de sang et de rouge, il est vrai. Par contradiction, je choisis un peu de bleu, en citant le dernier po&#232;me du recueil, qui accompagne le tableau qui sert d'illustration &#224; l'article :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Le crayon bleu surtout le crayon bleu permet&lt;br class='autobr' /&gt;
La parodie la satire la r&#233;bellion&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fr&#244;le des formes de corps d'hommes et femmes&lt;br class='autobr' /&gt;
On leur croirait des ailes pour quitter le monde &lt;br class='autobr' /&gt;
S'appr&#234;tant &#224; bondir on les croirait insectes&lt;br class='autobr' /&gt;
De ces col&#233;opt&#232;res piqu&#233;s d'une &#233;pingle&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais toujours vibrant avec ce bruit d'une horloge&lt;br class='autobr' /&gt;
A&#233;rienne que fait le peloton du Tour&lt;br class='autobr' /&gt;
Passant comme fermeture Eclair passe et glisse&lt;br class='autobr' /&gt;
Et rapproche les tissus de laine &#233;cart&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Les tissus de peau les l&#232;vres rebelles&lt;br class='autobr' /&gt;
Les l&#232;vres qui en secret quand tombe le jour&lt;br class='autobr' /&gt;
S'arrondissent en un mot une bulle d'air&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; la place convient au bel envoi d'Icare&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rep&#232;res &lt;/strong&gt; : Po&#232;mes de &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt;, dessins de&lt;strong&gt; Pierre Tr&#233;fois &lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.i6doc.com/fr/livre/?GCOI=28001100548560&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'&#233;ph&#233;m&#232;re capture&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;. Pr&#233;face de Bernard No&#235;l. Ed. Eranthis. (Ciaco - Bernard Mathot - 2-14, Grand-Rue - B-1348 Louvain-la-Neuve). 14&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les m&#234;mes auteurs, lire aussi : l&lt;i&gt;'I.D&lt;/i&gt; n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-388-Beaux-comme-des-ready.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;388&lt;/a&gt; :&lt;i&gt; Beaux comme des ready-made&lt;/i&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rappel &lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;Andr&#233; Doms &lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Pierre Tr&#233;fois&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Rouge r&#233;siduel&lt;/i&gt;. Postface de Jean-Louis Rambour. Editions Eranthis (2 &#8211; 14 Gde rue &#8211; 1348 &#8211; Louvain &#8211; Belgique). Voir l'I.D n&#176; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-569-De-la-saveur-forte-de.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;569&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>I.D n&#176; 606 : Hommage au caporal Th&#233;o, mort au combat en 1916</title>
		<link>https://dechargelarevue.com/I-D-no-606-Hommage-au-caporal-Theo.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://dechargelarevue.com/I-D-no-606-Hommage-au-caporal-Theo.html</guid>
		<dc:date>2015-12-19T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Claude Vercey</dc:creator>


		<dc:subject>Rambour</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jeu de familles : n'avons-nous pas crois&#233;, au fil des recensions de r&#233;cents livres et recueils, les a&#239;eux de C&#233;cile Guivarch, le fils d'Amandine Marembert, la m&#232;re de Fargier-Caruso, et celle de Claudine Bohi, les parents &#8211; p&#232;re et m&#232;re &#8211; de Luce Guilbaud ? Et voil&#224; (revoil&#224;) le grand-p&#232;re : Th&#233;ophile dit Th&#233;o , de Jean-Louis Rambour lequel, g&#233;n&#233;reux comme on le devine, inclurait volontiers aussi les voisins dans le jeu ( on v&#233;rifiera en lisant M&#233;mo d'Amiens, aux &#233;ditions Henry). N'y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/-Les-I-D-.html" rel="directory"&gt;Les I.D&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://dechargelarevue.com/+-Rambour-+.html" rel="tag"&gt;Rambour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeu de familles : n'avons-nous pas crois&#233;, au fil des recensions de r&#233;cents livres et recueils, les &lt;i&gt;&lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-474-Tes-aieux-honoreras.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;a&#239;eux&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; de C&#233;cile Guivarch, &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-461-Un-silence-plein-de.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le fils&lt;/a&gt; d'Amandine Marembert, &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-581-Relire-l-oubli.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;la m&#232;re&lt;/a&gt; de Fargier-Caruso, et &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-603-Une-identite-c-est.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;celle&lt;/a&gt; de Claudine Bohi, les parents &#8211; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/I-D-no-605-L-absent-a-toujours.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;p&#232;re et m&#232;re&lt;/a&gt; &#8211; de Luce Guilbaud ? Et voil&#224; (revoil&#224;) le grand-p&#232;re : Th&#233;ophile dit &lt;i&gt; &lt;i&gt;Th&#233;o&lt;/i&gt; &lt;/i&gt;, de Jean-Louis Rambour lequel, g&#233;n&#233;reux comme on le devine, inclurait volontiers aussi les voisins dans le jeu ( on v&#233;rifiera en lisant &lt;i&gt;M&#233;mo d'Amiens&lt;/i&gt;, aux &#233;ditions Henry). N'y aurait-il pas lieu de s'interroger sur ce notable d&#233;placement de l'int&#233;r&#234;t des po&#232;tes : du &lt;i&gt;Qui suis-je ?&lt;/i&gt;, question qui longtemps parut centrale (je ne dis pas qu'elle est aujourd'hui abandonn&#233;e) au &lt;i&gt;D'o&#249; viens-je ?&lt;/i&gt;, qui para&#238;t davantage d'actualit&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si je reste fid&#232;le &#224; une ligne de pens&#233;e expos&#233;e il y a peu (&#224; propos des &lt;i&gt;&lt;a href='https://dechargelarevue.com/Les-Charpentieres-de-Guy-Bellay.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Charpenti&#232;res&lt;/a&gt; &lt;/i&gt; de Guy Bellay), &lt;i&gt;Th&#233;o&lt;/i&gt;, dont la premi&#232;re publication date de 1996, chez&lt;i&gt; Corps Puce&lt;/i&gt; d&#233;j&#224;, et apr&#232;s une r&#233;&#233;dition &#224; &lt;i&gt;la Vague verte &lt;/i&gt; en 2005, doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un classique de notre temps. Il repara&#238;t chez &lt;i&gt;Corps Puce,&lt;/i&gt; en version bilingue, avec une traduction / adaptation anglaise de Michel Leroy. Texte sensible, dont on retrouve, le c&#339;ur serr&#233;, l'&#233;motion communicative autour de la figure d'un poilu, et plus g&#233;n&#233;ralement, pour ce qui, de pr&#232;s ou de loin, &#233;voque la boucherie de la Grande Guerre : &lt;i&gt;14, ce nombre m'est devenu une obsession, suivi de 18&lt;/i&gt;, confie l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de cette longue prose suffisamment souple pour se plier en vers est celui de la qu&#234;te d'un quasi inconnu, mort dans sa trente-troisi&#232;me ann&#233;e, &lt;i&gt;Caporal brave et courageux / tu&#233; &#224; son poste de combat le 15 mai 1916 / au bois Bouchot, croix de guerre avec &#235;toile en &lt;i&gt;bronze&lt;/i&gt;&lt;/i&gt;, selon le communiqu&#233; officiel de sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je suis le petit-fils de Th&#233;o&lt;br class='autobr' /&gt;
le produit d'un obus,&lt;br class='autobr' /&gt;
d'un &#233;clat.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;A partir de quelques indices et documents, dont le plus sensible est un m&#233;daillon, &lt;i&gt;de la taille d'un timbre poste&lt;/i&gt;, relique un instant &#233;gar&#233;e au grand d&#233;sespoir du petit-fils, et dans une recherche &#224; laquelle sur un plan romanesque un Patrick Modiano nous a habitu&#233; (pour une autre &#233;poque, il est vrai), Jean Louis Rambour, &lt;i&gt;&#233;vitant toute litt&#233;rature&lt;/i&gt;, ressuscite bri&#232;vement, redonne une dignit&#233;, au caporal Th&#233;o, &lt;i&gt;tomb&#233; au champ d'honneur. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Ta croix de guerre &lt;br class='autobr' /&gt;
je voudrais me la ficher&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; m&#234;me la peau, l&#224;, sur la poitrine,&lt;br class='autobr' /&gt;
c&#244;t&#233; gauche &#231;a va de soi&lt;br class='autobr' /&gt;
Une croix de douleur, quoi. Une vraie.&lt;br class='autobr' /&gt;
On dit, pour faire bien, qu'ils ont donn&#233; leur sang&lt;br class='autobr' /&gt;
tous les soldats de 14.&lt;br class='autobr' /&gt;
Leur sang. Oui &#231;a fait beau, celui qui coule&lt;br class='autobr' /&gt;
sur une poitrine, un ventre nus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais j'ajoute qu'ils ont donn&#233; leurs boyaux&lt;br class='autobr' /&gt;
la g&#233;latine de leurs yeux, la mousse de leurs poumons br&#251;l&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
leurs intestins, le gros, le gr&#234;le, la corne de leurs ongles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Allez j'arr&#234;te l&#224;,&lt;br class='autobr' /&gt;
on n'est jamais loin de l'heure d'un repas.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mettons qu'il vaut mieux ne donner que son sang.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rep&#232;res &lt;/strong&gt; : &lt;strong&gt;Jean-Louis Rambour&lt;/strong&gt; : Th&#233;o / a soldier. Texte bilingue english / fran&#231;ais. Ed. Corps Puce (27 rue d'Antibes &#8211; 80090 &#8211; Amiens). 12&#8364; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me auteur : &lt;a href=&#034;http://www.editionshenry.com/index.php?id_article=386&amp;nouv=1&amp;PHPSESSID=772a73b8ff487fc5116fe2dc978ee85c&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Memo d'Amiens&lt;/a&gt; &#8211; Ed. Henry. &#171; Jean-Louis Rambour propose 90 pages, compos&#233;es chacune de quatorze vers, commen&#231;ant par &lt;i&gt;Ici&lt;/i&gt;, localisant rues et quartiers, et pr&#233;sentant peu &#224; peu autant de personnages dans un kal&#233;idoscope color&#233; d&#233;di&#233; &#224; la ville d'Amiens. (&#8230;) Plein de bouts de destins qui s'enchev&#234;trent, de pistes qui rayonnent et la po&#233;sie comme moyeu. (&lt;strong&gt;Jacmo&lt;/strong&gt;, dans &lt;i&gt;D&#233;charge &lt;/i&gt; &lt;a href='https://dechargelarevue.com/Decharge-164.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;164&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la collection &lt;i&gt;Polder &lt;/i&gt; : J.L Rambour a pr&#233;fac&#233; le polder 168 : &lt;i&gt;&lt;a href='https://dechargelarevue.com/Polder-168.html' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Saturne&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, de Denis Hamel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



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