Juillet c’est

L’Écharde n° 2

publié le 1er juillet 2019 , par Jacmo dans Accueil> Revue du mois

 
 

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Cette nouvelle revue, - « pour qu’une revue devienne revue, il lui faut, par définition, au moins deux numéros » est-il écrit dans l’avertissement initial, se placerait bien sous l’égide des deux auteurs critiqués avec minutie dans cette livraison : Guy Viarre, poète important, qui a mis fin à ses jours à l’âge de 30 ans, en 2001, et Cédric Demangeot, avec lequel il avait créé la revue Moriturus et qui continue de publier ses inédits de façon posthume.

C’est dire que la langue, et le vers en particulier, sont amenés à leur extrémité dans une thématique plutôt noire. La plupart des auteurs, échardiens et échardiennes, font partie de la génération des années 90 et se retrouvent dans cette même mouvance. Murielle Hubert donne un long poème-anaphore : Je me suicide… et achève son texte par ce même vers répété : Je me suicide depuis le début. Alexandre Gouttard : …on a chacun son couteau à la main / on a des mots comme des morceaux de viande // coincés entre les dents. Emilien Chesnot dans une suite intitulée « Anti-Narcisse » : l’eau extraite de la rivière n’a plus cours […] elle devient ce qui manque à la vitesse pour constituer une rivière… De même écrit-il plus loin, dans le même ordre d’idée : je suis pensé au loin Margaux Petetin : dans « L’ahan et le désastre » : Et nous ne ferons rien, nous ne bougerons pas, des statues d’argile qui hurlent / Trop lâches pour agir, de peur d’être fracassées. Nicolas Jaen, qui a publié chez nous un Polder en 2011 : Parce qu’elle m’a donné un père, comme on vous donne une bombe à retardement bien emballée dans un ciré jaune. Héloïse Thual : « Amour Insecte ». Alexandre Bonnet-Terrile. Ivan de Monbrison donne deux poèmes datés : Il y a aussi des morceaux de verre dans tes yeux / qui t’empêchent d’y voir plus clair dans le premier et dans le second : …des paupières poussent sur nos yeux et nous empêchent de lire l’avenir dans les signes. Entre les deux, Louis Peccoud, avec un complet changement de rythme et une petite histoire familiale fine et étonnante. Quentin Maschio qui invente un personnage, qui risque de faire florès : « Lucinde ». Enfin Guillaume Dreidemie qui entonne deux épopées : Ô Seigneur, regarde les poètes / Leur croyance est sincère / Même s’ils sont demeurés…
Jérôme Thélot pour clore livre une note sur Jean-Jacques Gonzales qui illustre de ses photos noir et blanc cette deuxième Écharde. Lequel écrit : On ne prend pas une photo, on ne prélève rien, c’est le monde qui envahit.
Ce semestriel, d’après cette livraison, se révèle donc tout à fait sobre, exigeant et cohérent.


Revue L’Echarde : 10 €. Louis Peccoud : 11, rue Mourguet – 69005 Lyon.

 

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